samedi, 21 mai 2005
Une Australie asiatique ?
(ou un Sommet courtisé de l'Asie orientale)
Rémi Perelman, Asie21, mai 2005
La rive Ouest de l'Océan Pacifique se structure. A la Chine et au Japon, auxquels on pense immédiatement, il convient de prêter une attention nouvelle à l'Australie qui souhaite, non sans dilemme et ambiguïté, se donner une place et un rôle dans la région. L'attentat de Bali en 2002 et le tsunami de décembre 2004 ont rendu manifeste "la destinée commune de l'Australie et de l'Asie du SE" . Depuis le début de l'année, l'Australie renforce ses coopérations avec les pays de la région simultanément dans les domaines du commerce et de la sécurité. L'Asie représentant 60 % de ses débouchés à l'exportation, elle s'équipe (infrastructures, investissement industriel…) pour mieux répondre à une demande croissante, notamment chinoise.
A la fin de l'année, un sommet de l'Asie orientale va se tenir en Malaisie, premier pas vers une Communauté de l'Asie orientale, qui devrait regrouper l'ASEAN , la Chine, la Corée du Sud et le Japon. L'Inde et la Nouvelle-Zélande y participeront sans état d'âme, l'Australie, invitée, hésite à remplir les conditions d'accès, qui risquent d'être incompatibles avec le traité de sécurité avec les Etats-Unis ? Avant de développer ce point critique, il est utile de présenter le contexte de ses relations internationales avec l'Asie.
L'Australie s'est donnée une diplomatie à trois volets. Fondée en premier lieu sur un jeu d’accords bilatéraux classiques, elle se cherche ensuite des relations, par nature dissymétriques, avec le multilatéralisme asiatique et, enfin, dispose de l’enceinte des organismes internationaux traditionnels pour opérer les rapprochements qu’elle souhaite avec tel pays asiatique ou tel ensemble d’entre eux.
Plan
I - Les accords bilatéraux (commerciaux, sécuritaires)
II - Des relations dissymétriques avec le multilatéralisme asiatique
- ASEAN-Australie : entente cordiale pour commercer
- Le sommet de l’Asie orientale : comment en être sans se lier les mains ?
. Un enjeu géopolitique pour les vingt ans à venir
. Etats-Unis et Japon vs Chine et Malaisie
. L'Australie, entre le marteau et l'enclume, hésite
III - Des relations par ricochet avec l'Asie
Texte complet
18:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : australie, asie, pacifique, géopolitique, états-unis, perelman
mardi, 21 septembre 2004
Japon : la diplomatie de la Route de la soie en Asie centrale
Le contexte
Selon Yoichi Funabashi, l'éditorialiste de l'Asahi Shimbun , l'impression prévalait à Tokyo en janvier 2002 que, bien qu'elle n'ait jamais formé une unité, l'Asie se fragmentait d'une manière accélérée tandis la cohésion de l'Europe se renforçait. En conséquence, depuis plus deux ans maintenant, la diplomatie japonaise a adapté sa politique extérieure asiatique aux réalités spécifiques récentes des différentes sous-régions, tout particulièrement celles de l'Asie chinoise et de l'Asie musulmane.
Face à celle-ci, le Japon devait tout d'abord s'intéresser à l'islam. En Indonésie, en Malaisie et aux Philippines, comme au Pakistan et au-delà en Asie centrale, une partie des communautés musulmanes s'est radicalisée, en déstabilisant les classes politiques. La politisation de l'islam dans les sociétés musulmanes de la région et les liens de causalité qu'elle peut avoir avec le terrorisme international doivent en effet être mieux compris d'une diplomatie japonaise qui jusqu'à présent en avait fait abstraction. Il lui fallait, en même temps, s'efforcer d'aider les pays islamiques à se moderniser et à se séculariser, agir de sorte que les musulmans parviennent à une meilleure compréhension du Japon et affiner sa propre sensibilité l'égard de l'islam.
Le développement de l'Asie centrale est une préoccupation stratégique pour la Russie et la Chine, non seulement à cause de la proximité avec une région où prédomine la religion musulmane, mais surtout...
Une note de Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 09/2004
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18:35 Publié dans Asie du Nord | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Japon, asie centrale, Dialogue de Coopération de l’Asie, géopolitique, perelman
samedi, 06 mars 2004
Une situation inédite dans les relations Chine-Japon, États-Unis
Chine-Japon : des relations plus amicales ; Japon-Etats-Unis : des relations moins intimes
Les faits.
Rapprochés, deux faits récents deviennent significatifs au regard d'une recomposition possible du paysage géopolitique de l'Asie orientale.
Le premier concerne les relations sino-japonaises. Les six derniers mois les ont vus se réchauffer comme jamais au cours de l'histoire moderne. Aux bruyantes manifestations d'hostilité à l'encontre des manifestations du nationalisme nippon (66e anniversaire du massacre de Nankin, visite rituelle du Premier ministre nippon au temple Yakasuni, déploiement des militaires japonais en Irak…) ont succédé des propos officiels neutres, voire bienveillants . Fin 2003, une série d'articles parus à Pékin dans différents périodiques influents ont exprimé la nécessité d'agir comme un "grand pays"(daguo), de donner de l'ampleur aux relations sino-japonaises et d'intégrer le rôle respectif des deux pays dans une vision du monde de demain. Par ailleurs, le Japon est devenu le premier investisseur de la Chine (sans même parler de l'aide au développement), son second fournisseur, juste après les Etats-Unis et son premier client, avant les Etats-Unis . Compte tenu l'évolution exceptionnelle des relations, l'établissement d'une zone de libre-échange entre la Chine, le Japon et la Corée du Sud a été évoquée , proposition impensable il y a cinq ans… S'il y a rapprochement, il n'y a pas (encore) association.
Le second se rapporte au très important accord pétrolier signé par le Japon et l'Iran, le 18 février 2004...
Une note de Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 03/2004
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18:15 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, japon, etats-unis, géopolitique, perelman
samedi, 07 février 2004
Le G-3 (Inde, Brésil, Afrique du Sud), nouvel acteur de la scène internationale
Les faits.
New Delhi accueillait, le 25 janvier-2004, le président du Brésil Lula da Silva pour une visite de quatre jours. Un traité de préférences tarifaires était signé entre l'Inde et les pays du Mercosur pour 800 biens (en particulier : produits pharmaceutiques, éthanol-carburant et logiciels ) tandis qu'un accord de coopération scientifique et technique devrait permettre au Brésil de bénéficier des compétences indiennes en matière de technologie nucléaire et spatiale, deux sujets surveillés par Washington. L'Inde serait intéressée par l'aéronautique brésilienne et … par le gaz bolivien via un gazoduc brésilien.
Le commentaire prospectif...
Une note de Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 02/2004
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18:30 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : G3, inde, géopolitique, perelman
lundi, 15 décembre 2003
Chine – Russie : des relations à scruter
Analyse
Sortant d'une longue période de relations mouvementées (cf. encadré ), la Chine et la Russie pourraient, si l'on en croit des signes récents, opérer un rapprochement stratégique pour se garder de l'hyper-puissance américaine.
La dissolution de l'URSS et l'installation de régimes réformistes en Russie semblent avoir effacé la trace des conflits passés avec son puissant voisin. Le réchauffement doit beaucoup à la clairvoyance d'un E. Primakov , qui pensait que "l'état des relations russo-chinoises [...] est un facteur important de l'ordre mondial, l'un des éléments primordiaux assurant sa stabilité et son évolution vers un équilibre multipolaire". Malgré des réserves réelles, les deux pays partagent des positions communes et un ensemble croissant d'intérêts mutuels. Leurs évolutions respectives sur le long terme seront déterminantes pour l'équilibre du monde.
Les réserves, d'abord. En état de faiblesse démographique, la Russie craint, notamment dans l'Extrême-Orient russe et dans son ancien "pré carré" d'Asie centrale, une Chine en pleine modernisation. Pékin, de son côté, pour assurer le développement du pays doit compter autant sur les débouchés commerciaux et les investissements occidentaux que sur les hydrocarbures russes.
Ensuite, des positions communes et un ensemble croissant d'intérêts mutuels...
Conclusion prospective
Une note de Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 12/2003
Texte paru dans la revue Futuribles, analyse et prospective, n° 296, avril 2004.
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10:50 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, russie, géopolitique, perelman
dimanche, 19 octobre 2003
Un pôle Inde, Chine, Russie ?
Le fait
En marge de l'Assemblée générale des Nations Unies ouverte le 16 septembre 2003, les ministres des affaires étrangères de Chine, Inde et Russie ont tenu une réunion, la troisième du genre en deux ans. Routine ou amorce d'un "triangle stratégique" ? Il semble que la façon dont les Etats-Unis sont entrés en guerre contre l'Irak et le développement rapide et imprévu de lignes de faille dans le système d'un monde devenu unipolaire après la chute de l'Union soviétique aient suscité l'inquiétude et donné à des partenaires qui, depuis deux ans définissaient leurs coopérations bilatérales respectives comme "stratégiques" une consistance trilatérale à leur concertation. Jusqu'à présent, là où des situations pouvaient menacer leur sécurité, les Américains intervenaient indirectement sinon secrètement (les "covered actions" de la CIA). Mais c'est la première fois que leur pays agit à visage découvert pour des motifs affichés de prime abord peu convaincants et qui se sont avérés rapidement fallacieux.
Hors du système des Nations Unies, l'unilatéralisme découvre ainsi son visage impérialiste au prétexte de lutte universelle contre le terrorisme. Bref, les Etats-Unis, doctrine de guerre préventive au poing, capables de lever une coalition, même courte, sont devenus incontrôlables. Ils présentent un danger pour le monde. Il faut protéger l'Asie des incertitudes qui découlent du manque de confiance à son égard. S'opposer, certes, mais comment ?
En effet, mettre au point une démarche commune n'était pas facile. Pour deux raisons.
D'abord, aucun des trois protagonistes ne souhaite développer une opposition frontale à l'égard des Etats-Unis. Au contraire, et pour différentes raisons au sortir de positions historiques moins qu'amicales, hors de l'orbite américaine (Guerre froide, non-alignement...), ils tentent de se rattraper et d'améliorer leurs relations avec la super-puissance.
Ensuite, des contentieux mutuels mal résolus ont émaillé leurs relations (rivalité entre la Russie et l'Inde d'une part, la Chine de l'autre, manifestée par des disputes frontalières…) et les empêchent encore d'être parfaitement à l'aise dans cette formation triangulaire.
Commentaire prospectif...
par Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 10/2003
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10:25 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : inde, chine, russie, géopolitique, multilatéralisme, perelman
mardi, 25 février 2003
Le renforcement de l'entente Inde-Iran
Le fait
Le Président iranien Khatami, accompagné de ministres (affaires étrangères, défense, énergie, science et technologie) a signé avec le Premier ministre Vajpayee, le 25 janvier 2003, plusieurs accords ("Déclaration de Delhi ", "Feuille de route pour une coopération stratégique"). Une grande importance a été accordée à cette visite, placée dans le cadre des célébrations de la Journée de la République indienne, dont Khatami était l'invité d'honneur.
On retiendra de cette rencontre différents accords dans les domaines de la défense, de l'économie, de l'énergie, des infrastructures de transport ainsi que des conséquences dans les politiques intérieures et étrangères des deux pays.
Le commentaire prospectif...
Un note de Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 02/2003
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11:30 Publié dans Asie du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : inde, iran, géopolitique, perelman
dimanche, 05 janvier 2003
La Chine tisse sa toile
La Chine étend son influence en Asie, grâce à ses produits bon marchés, la contrebande, la corruption sur fonds de drogue. L'inquiétude qui en résulte dans la région amène Pékin à rassurer des gouvernements en les amenant à signer, le 4 novembre 2002, un accord-cadre de coopération économique globale, qui lancera officiellement le processus de création d'une zone de libre-échange ASEAN-Chine (ACFTA) d'ici dix ans . Ce qui contribue, sur le plan géopolitique, à doter la Chine d'un glacis de protection.
Sur le plan commercial, Pékin évite Singapour, Malaisie ou Thaïlande, organisés et prospères. Mais, grâce à une industrie servie par une main d'œuvre peu coûteuse et stimulée par les investissement directs étrangers (80 % des IDE en Asie, 45,74 €, contre 20, avant 1997), les produits chinois, de moindre qualité et à bas prix, cassent le marché des pays de la région à faible productivité et renforcent les systèmes de corruption.
Éléments, pays par pays...
Une analyse sommaire par Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 01/2003
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10:40 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, asie du sud-est, géopolitique, économie, perelman

