jeudi, 12 octobre 2006

Thaïlande : le coup d’État du 19 septembre 2006

« Les forces loyales au roi Bhumibol Adulyadej se sont emparées de Bangkok pour maintenir la loi et l'ordre… Elles ont suspendu temporairement le gouvernement civil irresponsable et, aussi rapidement que possible, rendront le pouvoir au peuple… »

Tel était le message que les Thaïlandais ont pu lire dans la soirée du 19 septembre 2006 sur les écrans de toutes les chaînes de la télévision nationale . Il offrait d’emblée deux versions de la démocratie : celle qui résulte formellement des urnes – et qui vient d’être mise à mal - et celle qui, paradoxalement, est revendiquée par les putschistes pour rétablir la « vraie ». À l’époque où le concept démocratique occidental est sur la sellette, la Thaïlande fournit à sa façon matière à réflexion. Mais il faut d’abord revenir sur les événements eux-mêmes.

Sans effusion de sang, le 18e coup d'État depuis l’établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932 a été mené avec l’accord implicite du roi...

Il serait prématuré de vouloir tirer des conclusions relatives à l’avenir de la démocratie en Thaïlande tant les événements sont récents et leurs suites, imprévisibles (la levée de la loi martiale, la rédaction de la nouvelle constitution, la situation instable dans les provinces du sud, le retour de Thaksin ou son maintien en exil, etc.). Pour l’instant, plusieurs questions se posent :
- Pourquoi ce coup d’État ?
- Quelles seront les tâches du nouveau gouvernement ?
- Quels sont les protagonistes en scène – ou derrière ?
Tout en s’y référant, cet article tente d’apporter des réponses globalement plus précises que chacun des multiples articles de presse qui sont parus depuis quelques mois n’a pu le faire face à l’actualité brûlante. Il subsiste néanmoins encore des zones d’ombre ou des divergences d’appréciation auxquelles il n’a pas été possible de faire justice.

Une note de Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 10/2006

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samedi, 18 février 2006

Remous à Bangkok : Thaksin Shinawatra

Rémi Perelman, Asie21, février 2006

Après une victoire électorale sans précédent, Thaksin Shinawatra affronte, depuis début février 2006, une bronca déclenchée par une opération financière menée par sa famille dans des conditions avantageuses pour elle, mais considérée pour le moins suspecte par l'opposition et une partie de l'opinion publique de Bangkok, qui demandent la démission du PM.
Cette crise, qui amplifie celle qu'a suscité les négociations de l'accord de libre échange entre la Thaïlande et les Etats-Unis, révèle une seconde ligne de faiblesse de la jeune démocratie thaïlandaise. La première tenait à l'obligation de constituer des gouvernements de coalition, donc fragiles. Celle-ci, à l'inverse, est provoquée par le style autocratique d'un chef de gouvernement sûr de son pouvoir. Elle illustre l'écart qui subsiste entre le pays, largement rural et la capitale.

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