jeudi, 07 janvier 1999

Dragon de feu, dragon de papier, L'Asie a-t-elle un avenir?

Asie : sortie de crise, une approche prospective de François Godement

Une lecture de Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 11/1998


La crise asiatique de 1997-98 et son cadre

Une analyse de la crise asiatique de juillet 1997. Chacune des situations nationales replacées dans le contexte de la mondialisation et des spécificités régionales. Les "valeurs asiatiques" aux fondements trop solides pour être balayés : l'éducation, le sens de l'ordre et de l'harmonie, la puissance des relations personnelles. L'analyse de l'Indonésie, la Chine et le Japon capables d'influencer le reste de la région. L'Europe qui se fait doit être capable de susciter un tissu de relations spécifiques avec l'Asie.

Les scénarios de l’avenir
Les deux attitudes que l'Occident pourrait adopter à l'égard de l'Asie. La première, attentiste jusqu'à la passivité, voit les protagonistes aller (ensemble) à la catastrophe. Un scénario bis où le bord de l'abîme provoque le sursaut salvateur, mais à prix élevé. La seconde, attentive aux situations nationales, est assez imaginative pour prendre des libertés avec un libéralisme dogmatique et organiser un processus vertueux de redressement à bénéfice mutuel, politique comme économique. NB. Il est important de noter que les scénarios ont été construits à la fin de l'été 1998, un an après le déclenchement de la crise et que depuis, la situation n'a cessé d'évoluer. Mais ceci est une autre histoire .

Premier scénario : l’inaction internationale mène au second krach

Les risques d'un second krach tiennent moins aux processus économiques qu'aux comportements humains : celui des populations asiatiques prises dans une tourmente qu'ils n'avaient pas vu venir, les réactions inappropriées des occidentaux inaptes à comprendre les ressorts proprement asiatiques d'une économie qui les avait bluffé jusqu'en juillet 1997. Avec ou sans le FMI, l'Occident prend conscience que les conditions multiples imposées aux débiteurs asiatiques depuis l'été 1997 n'ont fait qu'aggraver la crise, en lui donnant le temps et l'espace pour se développer. L'imminence d'un désastre économique global y aidant, une négociation aboutit au partage de la bulle financière.

Second scénario : liquider les dettes et non l’Asie
Les politiques n'attendent pas la chute annoncée des places de Singapour et de Hong Kong. Seuls capables de prendre des mesures financières coûteuses conditionnées par l'adhésion des opinions publiques, ils prennent le pas sur les économistes institutionnels Après avoir fustigé l'irresponsabilité des emprunteurs asiatiques et sans les en exonérer pour autant, l'Occident se reconnaît une part de responsabilité dans la crise, comme dans les dysfonctionnements du système financier international. Une négociation internationale peut donc s'engager dans un climat rasséréné. Pour parer au plus pressé, une conférence définit la répartition des pertes entre les débiteurs privés, les gouvernements locaux, les banques étrangères créancières et les gouvernements occidentaux.
L'accord sur la répartition des pertes étant acquis, sa mise en oeuvre incombe à un nouvel instrument financier : le Fonds international de résorption. Les contributeurs sont les gouvernements asiatiques et occidentaux, les organismes financiers internationaux et les investisseurs privés. L'Occident à tout à gagner d'un retour de la prospérité en Asie. Il s'agit aujourd'hui de restaurer la confiance au moment où l'Asie, qui a reçu plus de promesses que d'aide, éprouve les affres de la transition. C'est là que le Plan de redressement conjoint trace ses objectifs les plus ambitieux. Il s'agit d'aborder des problèmes de société et d'instaurer une compréhension mutuelle pour restaurer la confiance

Quelques maîtres-mots en guise de conclusion
Partage international des dettes.
L'Europe doit mieux valoriser son rôle dans le dialogue mondial avec l'Asie.
Il lui faut mieux comprendre les spécificités asiatiques pour donner plus d'efficacité et de réalisme au dialogue.

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