jeudi, 13 décembre 2007
Thaïlande, une économie peu sensible à la politique
Note d’actualité
Rémi Perelman, Asie21, 28/06/2007
10 ans après la crise. Le 2 juillet 1997, la crise financière asiatique éclate en Thaïlande. Quel bilan, dix ans après ? La pauvreté a reculé, le pays est plus riche et mieux intégré dans l’économie mondiale tout en étant mieux protégé contre les aléas économiques extérieurs. La raison : force des exportations (notamment vers la Chine) et de la consommation intérieure.
Des faiblesses persistent : par manque d’investissement privé domestique, la spécialisation des structures de production reste insuffisante, la compétitivité souffre d’un défaut d’innovation (bas niveau de la main d’œuvre) et de la médiocrité des infrastructures publiques, les inégalités de revenus restent encore trop élevées. Le système financier doit se structurer pour devenir le moteur d’une croissance forte et soutenue.
Texte complet
17:55 Publié dans Asie du Sud-Est | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thaïlande, économie, investissement, perelman
jeudi, 15 mars 2007
"La Chine vers la superpuissance"
Exposé de Michel AGLIETTA,
introduit par Jean Joseph Boillot, Asie21
Notes de séance, 13 mars 2007
Michel Aglietta, professeur de sciences économiques à l’université de Paris X Nanterre et consultant du Groupe Groupama-AM, vient de faire paraître, en collaboration avec Yves Landry, un ouvrage consacré à « La Chine, vers la superpuissance » chez Economica. Il l’a présenté au groupe de prospective sur l’Asie de Futuribles, Asie21.
Ci-dessous, un bref résumé de cette présentation.
Quelle est, à l’échelle mondiale, la viabilité du modèle économique chinois, fondé sur une forte extraversion (exportations + accueil des investissements directs étrangers), une forte présence de l’Etat dans l’économie, et la primauté des intérêts nationaux ?
Il n’y a pas de régulateur automatique de l’insertion de ce modèle dans l’économie mondiale, sauf si la Chine entre dans des organismes internationaux de régulation, ce qui ne semble pas être un objectif de sa politique actuelle.
La Chine se caractérise par une interaction constante de l’Etat et de l’économie. L’ouverture économique initiée par Deng Xiaoping ne s’est pas accompagnée d’un big bang libéral, de privatisations accélérées, tels que certains pays d’Europe centrale les ont connus.
L’adaptation du PCC à l’ouverture économique a renouvelé sa légitimité et l’admission d’intellectuels, de cadres et de chefs d’entreprises au sein du PCC conduisent à un gouvernement de lettrés, dans la tradition chinoise.
Trois phases de réforme se sont succédées.
1979-1985 : autonomie de gestion et réforme du système des prix
1994-2005 : Développement industriel extraverti
2006 : 11ème plan : redéploiement de la croissance vers le marché intérieur et « l’harmonie » sociale.
Les quatre caractéristiques de ces réformes
1 – l’expérimentation, dans l’agriculture, les zones économiques spéciales, les diverses formes de propriété, (publique, communautaire, privée)
2 – l’introduction progressive de la responsabilité dans les entreprises, par la libéralisation des prix, les changements dans les modes de gouvernance ….
3 – un échec : la réforme du système bancaire, (explosion du crédit et des créances douteuses, inflation de 30% en 1988)
4 – un second échec : la dislocation de la protection sociale naguère assurée par l’entreprise publique.
La crise politique de 1989, Tian Anmen, suspend les réformes jusqu’en 1992.
La réforme se poursuit : discipline budgétaire et financière, développement industriel vers l’exportation, décollage des IDE, montée en gamme ; productivité en hausse ; croissance des services ; baisse de l’inflation après la dévaluation de 1994.
La Chine devient le pays-pivot de l’intégration asiatique, le laboratoire de la transformation du reste de l’Asie. Le Japon se spécialise dans les biens d’équipement, Singapour dans la finance, l’Australie dans les matières premières, le sud-est asiatique dans la sous-traitance.
Baisse des termes de l’échange : importations chinoises d’équipement de hautes valeur, exportations chinoises de produits majoritairement à bas prix. Le taux de change réel effectif suit cette baisse des termes de l’échange. (Le yen japonais est bien plus sous évalué que le yuan chinois)
Actuellement seuls les services créent de l’emploi.
Les inégalités de revenus s’accroissent, les écarts de croissance ville-campagne aussi,
Le redéploiement de la croissance (11ème plan)
Marché intérieur facteur de croissance : suppression de l’inégalité fiscale entre les entreprises domestiques naguère plus imposées et les entreprises étrangères
Croissance plus productive, plus économe en énergie et matières premières, plus soucieuse de l’environnement
Réglementation et contrôle des banques plus stricts, (respects des ratios internationaux, meilleure gestion du risque.) Mais le retard à combler reste important
Développement tardif de la protection sociale assumée désormais par l’Etat, (fonds de sécurité sociale, retraite par capitalisation),
Restauration des services publics de base, (santé, éducation).
Redistribution fiscale vers les provinces de l’intérieur et le monde rural, individualisation de la propriété.
Manque encore un marché obligataire national
Un système monétaire asiatique est urgent pour faire face à la crise prévisible du dollar. Une Banque des règlements asiatiques pourrait précéder un Fonds monétaire asiatique avec une unité de compte calculée sur un panier de monnaies asiatiques maintenant entre elles des parités stables sinon fixes. C’est une condition d’une meilleure intégration des économies de l’Asie orientale.
*****
L’ouvrage présente notamment, dans son chapitre 4 (le changement de régime monétaire)
un « débat sur le yuan : faux et vrais arguments (soi-disant concurrence déloyale, l’appréciation tendancielle du change avec le développement,l’intérêt d’une politique monétaire plus autonome)
l’incertitude de l’estimation du taux réel d’équilibre (approche financière, macroéconomique)
un régime de change intermédiaire pour une politique monétaire de régulation de la demande interne
Le chapitre 5 est consacré à « la Chine dans le système monétaire international.
14:55 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, yuan, économie, aglietta
samedi, 09 décembre 2006
La croissance s'emballe en Inde, un article de JJ. Boillot dans L'Expansion
La croissance indienne a dépassé les 9% au 3ème trimestre, en rythme annuel. Jusqu'où peut aller l'économie du pays ?
Décryptage avec Jean-Joseph Boillot, auteur de L'Economie de l'Inde, paru aux éditions La Découverte début 2006.
L'Inde passe la vitesse supérieure. L'autre géant asiatique a affiché une croissance bien meilleure que prévu au troisième trimestre : 9,2% en rythme annuel, un taux qui la rapproche des performances stratosphériques de la Chine. Et ce n'est pas près de s'arrêter. « On est dans la phase ascendante d'un cycle qui a commencé en 2001, explique Jean-Joseph Boillot, ancien Conseiller financier à l'ambassade de France à New-delhi.
Thomas Bronnec
Source : L'Expansion 30 11 2006
http://www.lexpansion.com/art/4378.151531.0.html
Lire également dans la même livraison : Le boom sidérurgique indien, un article de Béatrice Mathieu
Source : L'Expansion 30 11 2006
http://www.lexpansion.com/art/4378.151515.0.html
12:09 Publié dans Asie du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : boillot, inde, économie, siderurgie
vendredi, 30 juin 2006
L'économie de l'Inde (présentation en français)
L'économie de l'Inde
Pauvreté de masse d'un côté, essor de grands centres tertiaires à vocation mondiale de l'autre, ces deux réalités de l'Inde moderne coexistent au sein d'un même ensemble de taille continentale. Aujourd'hui en pleine transformation et déjà quatrième PIB mondial en parité de pouvoir d'achat, sa population a franchi le cap du milliard d'habitants en 2000 et devrait dépasser la population chinoise d'ici 2030. Dans un pays longtemps fermé aux échanges mondiaux, la crise des paiements de 1991 a accentué le tournant de sa stratégie de développement.
L'accélération de la croissance autour de 6%-7% par an et l'ouverture économique vont-elles se traduire par l'émergence d'une nouvelle super puissance aux côtés de la Chine? Et quel sera l'impact du décollage indien à un moment clé de la mondialisation des services pour lesquels ce pays dispose d'avantages comparatifs avérés et d'une main-d'oeuvre qualifiée abondante? Mais l'Inde doit aussi faire face à ses défis internes, en particulier ceux de la pauvreté et d'une soutenabilité environnementale déjà critique dans toutes les grandes villes du pays
L'auteur
Jean-Joseph Boillot est professeur agrégé de sciences sociales. II a commencé ses travaux sur l'Inde au début des années 1980 comme chercheur associé au CEPII (Centre d'études prospectives et d'informations internationales) et a notamment été conseiller financier pour la Direction du Trésor à New Delhi entre 2003 et 2005.
L'ouvrage
L'économie de l'Inde
ISBN 2-7071-4750-8
120 Pages
Prix 8.50€
Collection Repères
Édition La Découverte
08:40 Publié dans Asie du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, inde, asie, boillot, prospective
mercredi, 22 mars 2006
Où en sera, d'ici vingt ans, la concurrence Chine-Inde ?
C’est le sujet d’un article de Jean-François Huchet*, publié dans le journal Le Monde du 19 mars 2006 (accessible en ligne dans les archives payantes du journal ici). Il montre que les relations entre ces deux géants asiatiques ne seront pas sans conséquences majeures pour le reste du monde et, par conséquent pour notre pays.
« Leur rattrapage économique sur les pays les plus riches de la planète sera un des faits les plus marquants de la première moitié du siècle. Sans crise majeure, la Chine aura, en 2035, rattrapé le PIB américain - dans l'absolu - et l'Inde, le PIB japonais ».
La recherche de ressources, gaz et pétrole en particulier, si nécessaires pour leur développement (la Chine sera dépendante des importations à 75 % en 2035, l'Inde à 95 % dès 2015) ne va pas manquer d’interférer avec l’approvisionnement des pays occidentaux. La Chine, désormais présente dans le monde entier a une longueur d’avance sur l’Inde. Mais les Indiens suivent de près et proposent des solutions technologiques très adaptées. Plusieurs groupes indiens et chinois, assis sur de beaux pactoles, vont entrer en concurrence sur des cibles occidentales, dans l'énergie, l'électronique, l'informatique, le textile, les équipements automobiles et la sidérurgie.
Le rééquilibrage de leurs économies respectives est prévisible : l’Inde va se repositionner sur les activités industrielles tandis que la Chine développera ses services et montera en gamme vers des secteurs à plus haute valeur ajoutée. Notamment en mettant l’accent sur l’éducation et la formation, accentuant l’écart avec l’Inde, qui reste à la traîne avec une forte population rurale illettrée. Malgré tout, « la Chine sera vieille avant d'être riche, cas unique dans l'histoire. Sa population active va décroître à partir de 2015 », tandis que l’Inde a l’avantage démographique. Dans une démocratie même imparfaite elle offre l'image d'un développement plus stable. Elle dispose d’un vrai système juridique et d’un système financier beaucoup plus sain.
____________________
*Maître de conférences en économie à Rennes, membre d’Asie 21. Il a été chercheur au Centre d'études français sur la Chine contemporaine à Hongkong.
Synthèse réalisée par Rémi Perelman, Asie 21
11:15 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Prospective, chine, concurrence, économie, huchet
lundi, 30 janvier 2006
Révision des statistiques chinoises
Chine : réévaluation et taux de croissance
Le bureau des statistiques a annoncé en décembre 2005, qu’il avait réévalué de 17% le PIB chinois de 2004. Cette correction s’explique par une meilleure prise en compte des activités de services par les statisticiens chinois. Ces derniers avaient été formés pour mesurer le Produit matériel net (PMN) qui est l’équivalent socialiste du PNB, un agrégat qui exclut les services considérés comme non productifs. Le fait que les service relèvent pour la plupart du secteur privé représentait une difficulté supplémentaire. La réévaluation s’est faite après l’exploitation d’un recensement des activités économiques qui a mobilisé quelques 10 millions d’enquêteurs. Cette correction « normalise » l’économie chinoise et porte à 40% la place des services dans le PIB au lieu de 33% auparavant. L’augmentation des services explique la réévaluation de 17% du PIB.
Par ailleurs, le taux de croissance de l’économie chinoise a également été réévalué pour toutes les années depuis 1993. Cette croissance aurait été de respectivement 10% et 10.1% en 2003 et 2004 au lieu de 9,5% et 9,5%.
Finalement, fin janvier 2006, le Bureau des Statistiques a annoncé que la croissance 2005 a été de 9,9%.
Jean-Raphaël Chaponniere Asie 21
18:10 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chaponniere, chine, statistique, pib, croissance, économie
jeudi, 06 mai 2004
Corée du Nord : un timide démarrage économique
Alors qu'il y a cinq ans , l'Assemblée suprême du peuple avait réaffirmé les principes de l'économie planifiée et le rejet de la loi du marché, le Premier ministre Pak Pong-ju, s'exprimant, devant cette même Assemblée lors de sa session annuelle du 25 mars 2004, a souhaité accélérer les réformes économiques décrétées deux ans auparavant : l'économie devra faire un "bond en avant" en rétablissant la notion de profit. Un "environnement (géopolitique) modifié" conduit à une politique d'exportation comme à l'emprunt de technologies étrangères. Si le mot "réforme" est banni, celui de "modernisation" est officiellement prononcé. Pak Pong-ju a appelé à combiner les principes du socialisme avec ceux qui garantissent le profit. La Chine, son allié traditionnel et principal support économique, pressait Pyongyang depuis des années de suivre son exemple en matière de réformes économiques.
Un note de Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 05/2004
Lire la note
18:25 Publié dans Asie du Nord | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coréee du nord, économie, perelman
lundi, 08 décembre 2003
L'Inde, grande puissance asiatique
L'Inde émerge comme grande puissance économique, politique et militaire, scientifique et technique et culturelle.
À la différence de la Chine, dont la trajectoire politique reste incertaine, l'Inde présente, dans le cadre constitutionnel, une stabilité sur le moyen et long terme (solidité des institutions, stabilité du droit garanti par un système légal accessible et indépendant, liberté de la presse…).
Favorable à un monde multipolaire, membre fondateur de l'OMC, elle s'engage dans une "Look East Policy" et renforce ses relations avec l'Asie du Sud-Est, l'Asie centrale, le Japon et la Russie. Malgré de graves faiblesses, son économie semble se dégager positivement du corset étatique.
L'économie indienne, fait porteur...
L'Inde se tourne vers l'Asie du Sud-Est...
Analyse de Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 12/2003
Lire la note
11:15 Publié dans Asie du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : inde, économie, asie du sud-est, commerce, perelman
samedi, 04 octobre 2003
La résilience des économies sud-est asiatiques
Cinq ans après la crise financière de 1997-98, quelques aperçus de la résilience des économies sud-est asiatiques
La situation économique de la région est globalement bonne. Début septembre 2003, la réunion des ministres des finances de l'APEC à Phukhet, en Thaïlande, a fourni l'occasion de le constater. Il y a été constaté que les marchés asiatiques avaient à nouveau la faveur des investisseurs internationaux (les actes de terrorisme n'ont pas empêché la progression des marchés financiers ) et que la croissance, accrochées à la demande américaine, ne faiblissait pas.
Les investisseurs ont confirmé leur intérêt pour la région, le risque ayant été jugé moindre que lors de la crise de 1997. Celle-ci a amélioré le discernement des milieux d'affaires désormais mieux à même d'apprécier la situation dans les différents pays de la région. Ainsi, tandis qu'en pleine tourmente les Bourses indienne et indonésienne grimpaient, celle de Manille battait de l'aile (- 1,2 % au cours du mois d'août 2003) du fait de la multiplication des signes négatifs : rébellion militaire du 27 juillet, soupçons de corruption à l'encontre de l'époux de la présidente, ennuis judiciaires du gouverneur de la banque centrale et prises d'otage à Mindanao.
Entre Manille et Jakarta, les investisseurs ne se sont pas trompé sur la nature des risques réels et, en tout état de cause, ils ne se sont pas désengagés de la région comme ils l'avaient fait il y a six ans. Ils ont constaté que les problèmes sécuritaires n'y avaient pas réduit la volonté des responsables de réparer les défauts des appareils financier et monétaire. Aussi, l'appétit pour les actions asiatiques est loin d'être retombé.
Un fait porteur d'avenir, par Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 10/2003
Lire la note prospective
10:10 Publié dans Asie du Sud-Est | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, asie du sud-est, intégration financière, perelman
dimanche, 05 janvier 2003
La Chine tisse sa toile
La Chine étend son influence en Asie, grâce à ses produits bon marchés, la contrebande, la corruption sur fonds de drogue. L'inquiétude qui en résulte dans la région amène Pékin à rassurer des gouvernements en les amenant à signer, le 4 novembre 2002, un accord-cadre de coopération économique globale, qui lancera officiellement le processus de création d'une zone de libre-échange ASEAN-Chine (ACFTA) d'ici dix ans . Ce qui contribue, sur le plan géopolitique, à doter la Chine d'un glacis de protection.
Sur le plan commercial, Pékin évite Singapour, Malaisie ou Thaïlande, organisés et prospères. Mais, grâce à une industrie servie par une main d'œuvre peu coûteuse et stimulée par les investissement directs étrangers (80 % des IDE en Asie, 45,74 €, contre 20, avant 1997), les produits chinois, de moindre qualité et à bas prix, cassent le marché des pays de la région à faible productivité et renforcent les systèmes de corruption.
Éléments, pays par pays...
Une analyse sommaire par Rémi Perelman, Asie 21-Futuribles, 01/2003
Lire la note
10:40 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, asie du sud-est, géopolitique, économie, perelman

