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jeudi, 15 mars 2007
La pensée française sur les relations internationales
Origine : La Documentation française, Problèmes économiques n° 2912, 06/12/06, consacré aux think tanks
Dans le domaine exclusif des affaires internationales, le ministère des Affaires étrangères cite cinq organismes qui contribuent à l’animation du débat français et international de politique étrangère et avec lesquels il entretient un dialogue et une coopération étroite. Mention particulière est faite de l’IFRI, premier centre pluridisciplinaire créé en France sur le modèle des "think tanks" américains, et du CERI, qui, rattaché à la FNSP, représente la plus importante concentration de chercheurs et de spécialistes.
le Centre d'études et internationales (CERI);
l'Institut français de relations internationales (IFRI) ;
l'Institut de relations internationales (IRIS) ;
la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) ;
le Centre Thucydide (Université Paris-Sorbonne).
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"La Chine vers la superpuissance"
Exposé de Michel AGLIETTA,
introduit par Jean Joseph Boillot, Asie21
Notes de séance, 13 mars 2007
Michel Aglietta, professeur de sciences économiques à l’université de Paris X Nanterre et consultant du Groupe Groupama-AM, vient de faire paraître, en collaboration avec Yves Landry, un ouvrage consacré à « La Chine, vers la superpuissance » chez Economica. Il l’a présenté au groupe de prospective sur l’Asie de Futuribles, Asie21.
Ci-dessous, un bref résumé de cette présentation.
Quelle est, à l’échelle mondiale, la viabilité du modèle économique chinois, fondé sur une forte extraversion (exportations + accueil des investissements directs étrangers), une forte présence de l’Etat dans l’économie, et la primauté des intérêts nationaux ?
Il n’y a pas de régulateur automatique de l’insertion de ce modèle dans l’économie mondiale, sauf si la Chine entre dans des organismes internationaux de régulation, ce qui ne semble pas être un objectif de sa politique actuelle.
La Chine se caractérise par une interaction constante de l’Etat et de l’économie. L’ouverture économique initiée par Deng Xiaoping ne s’est pas accompagnée d’un big bang libéral, de privatisations accélérées, tels que certains pays d’Europe centrale les ont connus.
L’adaptation du PCC à l’ouverture économique a renouvelé sa légitimité et l’admission d’intellectuels, de cadres et de chefs d’entreprises au sein du PCC conduisent à un gouvernement de lettrés, dans la tradition chinoise.
Trois phases de réforme se sont succédées.
1979-1985 : autonomie de gestion et réforme du système des prix
1994-2005 : Développement industriel extraverti
2006 : 11ème plan : redéploiement de la croissance vers le marché intérieur et « l’harmonie » sociale.
Les quatre caractéristiques de ces réformes
1 – l’expérimentation, dans l’agriculture, les zones économiques spéciales, les diverses formes de propriété, (publique, communautaire, privée)
2 – l’introduction progressive de la responsabilité dans les entreprises, par la libéralisation des prix, les changements dans les modes de gouvernance ….
3 – un échec : la réforme du système bancaire, (explosion du crédit et des créances douteuses, inflation de 30% en 1988)
4 – un second échec : la dislocation de la protection sociale naguère assurée par l’entreprise publique.
La crise politique de 1989, Tian Anmen, suspend les réformes jusqu’en 1992.
La réforme se poursuit : discipline budgétaire et financière, développement industriel vers l’exportation, décollage des IDE, montée en gamme ; productivité en hausse ; croissance des services ; baisse de l’inflation après la dévaluation de 1994.
La Chine devient le pays-pivot de l’intégration asiatique, le laboratoire de la transformation du reste de l’Asie. Le Japon se spécialise dans les biens d’équipement, Singapour dans la finance, l’Australie dans les matières premières, le sud-est asiatique dans la sous-traitance.
Baisse des termes de l’échange : importations chinoises d’équipement de hautes valeur, exportations chinoises de produits majoritairement à bas prix. Le taux de change réel effectif suit cette baisse des termes de l’échange. (Le yen japonais est bien plus sous évalué que le yuan chinois)
Actuellement seuls les services créent de l’emploi.
Les inégalités de revenus s’accroissent, les écarts de croissance ville-campagne aussi,
Le redéploiement de la croissance (11ème plan)
Marché intérieur facteur de croissance : suppression de l’inégalité fiscale entre les entreprises domestiques naguère plus imposées et les entreprises étrangères
Croissance plus productive, plus économe en énergie et matières premières, plus soucieuse de l’environnement
Réglementation et contrôle des banques plus stricts, (respects des ratios internationaux, meilleure gestion du risque.) Mais le retard à combler reste important
Développement tardif de la protection sociale assumée désormais par l’Etat, (fonds de sécurité sociale, retraite par capitalisation),
Restauration des services publics de base, (santé, éducation).
Redistribution fiscale vers les provinces de l’intérieur et le monde rural, individualisation de la propriété.
Manque encore un marché obligataire national
Un système monétaire asiatique est urgent pour faire face à la crise prévisible du dollar. Une Banque des règlements asiatiques pourrait précéder un Fonds monétaire asiatique avec une unité de compte calculée sur un panier de monnaies asiatiques maintenant entre elles des parités stables sinon fixes. C’est une condition d’une meilleure intégration des économies de l’Asie orientale.
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L’ouvrage présente notamment, dans son chapitre 4 (le changement de régime monétaire)
un « débat sur le yuan : faux et vrais arguments (soi-disant concurrence déloyale, l’appréciation tendancielle du change avec le développement,l’intérêt d’une politique monétaire plus autonome)
l’incertitude de l’estimation du taux réel d’équilibre (approche financière, macroéconomique)
un régime de change intermédiaire pour une politique monétaire de régulation de la demande interne
Le chapitre 5 est consacré à « la Chine dans le système monétaire international.
14:55 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, yuan, économie, aglietta

