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vendredi, 21 juillet 2006
Un scénario pour la Chine jusqu'en 2100, "vaincre sans combattre ?"
Pierre Gentelle, membre d'Asie 21, publie dans le numéro 7 de la revue "Monde Chinois" un article intitulé :
Un scénario pour la Chine jusqu'en 2100, "vaincre sans combattre ?" (pp : 7 à 19)
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samedi, 15 juillet 2006
Les grandes chaînes de l’Himalaya cessent d’être une barrière
Les grandes chaînes de l’Himalaya, de l’Hindoukouch et du Karakoram, cessent d’être une barrière, car la Chine développe de manière magistrale ses voies de communication vers l’Asie du sud. De la même manière, l’Inde et le Pakistan déploient des efforts pour développer les leurs vers le nord, c’est à dire en direction du Xinjiang et du Tibet chinois.
Depuis 1986, une excellente route construite par les Chinois relie le Xinjiang aux Zones Nord du Pakistan. Elle connecte Kashgar, la ville historique ouïgoure à Sust, première agglomération pakistanaise, après avoir franchi le col frontalier de Khunjerab à environ 4.700 mètres. A l’exception de la période hivernale, elle est utilisée pour l’acheminement des passagers et des marchandises. Plus tard, la construction d’un tunnel pourrait permettre la circulation en toute saison. L’enneigement ne serait plus un obstacle.
Cet axe d’importance stratégique va être modernisé et élargi, il empruntera un nouveau tracé dans la région de Chilas afin de permettre l’édification d’un barrage hydroélectrique à Basha sur l’Indus. Par ailleurs, plus à l’ouest, le tunnel en cours de creusement sous le col de Lowari, à environ 3.000 mètres, permettra, pour la première fois, une liaison toute l’année entre Peshawar, la capitale de la Province Frontière du Nord-Ouest et Chitral. A partir de cette agglomération relativement proche de l’Afghanistan, la construction d’une nouvelle route est à l’étude pour rejoindre le Tadjikistan et la province chinoise du Xinjiang.
Trois points de franchissement sont utilisés entre la Chine et l’Inde...
Une note d'Alain Lamballe, Asie 21-Futuribles, 07/2006
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mercredi, 12 juillet 2006
Europe-Inde 2020
On peut observer d’emblée que l’Inde, appliquant à son tour au monde la règle du 'divide and rule' qui a permis à l’Angleterre de la maîtriser dans son ensemble en traitant séparément avec chaque maharajah, ne souhaite pas une Europe forte, susceptible de s’allier un jour contre elle avec la Chine. Réaliste, elle utilise toute opportunité pour bien vivre avec les Etats-Unis tout en prenant grand soin de ne pas tomber sous sa coupe. Si elle s’intéresse à l’Union européenne, notamment en favorisant le lobbying de ses entreprises à Bruxelles, elle s’intéresse bien davantage aujourd’hui à chacun des principaux pays de l’Union dont elle s’ingénie à tirer le meilleur parti et vivrait donc très bien avec une Europe éclatée, qui lui offre un marché commode, accessible, déjà largement monétairement unifié et dépourvu de règles protectionnistes.
NB. Le World Economic Forum (Davos) a fait élaborer par des experts européens, américains et indiens des scénarios sur les relations entre les grands marchés mondiaux du futur .
L’Inde n’envisage pas de scénario économique alternatif à son objectif décrit par une équipe de prévisionnistes indiens : devenir en 2050 le 3e plus puissant pays du monde après la Chine et les États-Unis. Elle ne se compare pas, en effet, à l’Europe économique, qu’elle considère comme une chimère et qui la reléguerait à un rang inférieur. L’affaire Arcelor-Mittal est symbolique : le « camp indien » a réussi parce qu’il a divisé « l’adversaire » composite, en s’adressant séparément au Luxembourg, où Arcelor a son siège (« vous qui êtes la première place financière européenne, nous déplacerons les avoirs indiens de Londres en cas de succès de l’opération ») et à Paris (jouant ceux qu’intéressent le marché indien – Airbus, PPR…- et ceux qui, groupés sous le vocable de « clan de l’École des mines, n’auraient qu’une médiocre ouverture sur le monde en évolution ; jouant entre banques – BNP pour Arcelor, Société Générale pour Mittal). La presse indienne exulte : « un groupe indien » arrache Arcelor , alors que l’intéressé lui-même avait un temps insisté sur son ancrage européen. Là où l’on ne voit que le triomphe de l’économie libérale (« ce sont les actionnaires qui décident »), il faut surtout voir une marque de l’efficacité politique de l’Inde, notamment par des interventions menées systématiquement depuis plusieurs mois au niveau ministériel. Les sociétés indiennes sont à la fois plus puissantes et plus présentes en Europe que ne le sont leurs homologues chinoises. Le réseau de la diaspora indienne , moins connu que le réseau chinois, est très actif, notamment à Bruxelles.
On note que les diasporas indienne et pakistanaise en Allemagne, importantes, sont de meilleure qualité que celles qui se trouvent en France. Les entreprises indiennes rachètent surtout en Allemagne, notamment de grosses PME. Une Chambre de commerce euro-indienne a vu le jour en 2005.
Si pour les Occidentaux, l’Inde est devenu le seul pays capable de faire contrepoids à la Chine, le marché européen est nécessaire à l’Inde pour rééquilibrer la dépendance, devenue excessive, de son commerce avec les Etats-Unis (75 %). Mais l’attitude de l’Inde –comme de la Chine semble-t-il – est celle d’un empire rendant visite à de petits royaumes.
L’Inde est plus présente en Amérique latine (où elle est reçue comme l’antidote au « prédateur » chinois) et en Afrique que ne l’est la Chine. Par ailleurs, la composante musulmane de l’Inde lui permet une certaine familiarité ave les pays du Moyen-Orient et du Golfe, ce qui est un avantage vis-à-vis des pays africains, qui se tournent de plus en plus vers cette partie du monde. Cependant l’Europe reste plus importante pour l’Inde que l’Afrique. En réalité, si la Chine est plus visible que l’Inde dans le monde, c’est parce qu’elle intervient d’une manière macro-économique et étatique, alors que l’Inde opère selon un mode, plus discret, micro-économique, avec des acteurs privés.
L’Inde est en faveur d’un monde multipolaire au sens américain du terme : un pôle puissant capable d’agglomérer des pays de moindre envergure grâce à des liens d’allégeance.
Aujourd’hui, la Chine, les États-Unis et l’Inde (le monde tripolaire) ont le sentiment que l’on peut influer sur la trajectoire européenne parce qu’il « n’y a plus de pilote dans l’avion ».
On peut néanmoins se poser la question de la solidité du système démocratique indien et par conséquent de la durabilité du « miracle indien ». Si le rattrapage économique de l’Inde met l’Europe à l’aise à l’égard de la Chine, un accident pourrait le remettre en cause, notamment du fait de la double coexistence de deux Indes, la « Shining India » et celle de la paysannerie misérable et celle des hindouistes et des musulmans. Combien de temps cette situation pourrait-elle durer ?
En fait, les risques de rupture sont limités pour l’une et l’autre des deux sociétés hindouistes, car elles sont toutes deux conduites par des responsables de la caste des brahmanes. Quant à l’antagonisme religieux, la cause première des incidents qui opposent les deux communautés tient principalement aux dysfonctionnements du système socio-économique. Par contre, le véritable risque réside dans l’animosité indo-pakistanaise.
En effet, la menace qui plane sur l’ensemble de l’Asie du Sud est celle d’un affrontement entre hindous et musulmans. Regroupés, (Pakistan, Bangladesh et les quelques 150 millions de musulmans de l’Inde) ceux-ci comptent 450 millions d’individus. De plus, du fait de la natalité et des conversions, ce groupe croît plus rapidement que celui des Hindous. Par contre, les tensions internes (maoïstes) ne mettent pas l’Inde en danger. Le gouvernement de Delhi peut les régler à tout moment. Mais, si, par hypothèse, un État tamoul était mis en place au Sri Lanka et parvenait à en susciter un sur la rive indienne, là, il y aurait danger d’éclatement partiel. Mais les circonstances sont loin d’être réunies pour que ce risque survienne.
Jean-Joseph Boillot, Asie 21-Futuribles
21:45 Publié dans Asie du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, inde, 2020, boillot
Impressions d'Asie du sud-est, été 2006
Jean-Raphaël Chaponnière, Asie21, 11/07/2006
Le Cambodge, nouveau pays pétrolier
Malgré quelques variations au fil des régimes successifs de ce pays, l’aide chinoise est quasi-permanente depuis 1956, l’année qui a suivi la conférence de Bandoung. Le Cambodge a été le tout premier bénéficiaire de l’APD chinoise à la suite d’un accord entre Zhou Enlai et Sihanouk...
... La nouveauté, qui n’est pas encore connue du grand public, c’est l’exploitation pétrolière.
Le Viêtnam, bon élève des donateurs internationaux
La perspective de l’entrée du Viêtnam à l’OMC, lors de la 14e réunion de l’APEC, et la tenue de celle-ci à Hanoï les 18 et 19 novembre 2006 constituent un véritable triomphe pour la diplomatie vietnamienne...
Le jeu de balance de Hanoï à l’égard de Washington et de Pékin fonctionne globalement bien...
Il en va de même au Laos. Ce pays, dont les dirigeants historiques de l’ère communiste étaient liés à leurs homologues vietnamiens et tenaient leurs distances avec leur grand voisin, voit arriver une seconde génération de dirigeants laotiens, plus pro-chinoise.
On constate, au passage, les perspectives économiques assez médiocres de la Thaïlande pour 2006. Le pays est particulièrement sensible à la conjoncture pétrolière : l’envolée des cours et la hausse des taux d’intérêt ont pesé sur la demande domestique qui s’est contractée au premier trimestre 2006 dans un contexte politique agité. Réélu en 2005 grâce aux votes des campagnes, le Premier ministre Thaksin Shinawatra a été forcé à la démission par les critiques des manifestants urbains relayées par le roi. De nouvelles élections auront lieu à la fin de l’année 2006 : ce contexte politique n’est pas favorable aux négociations du traité de libre échange avec les Etats –Unis.
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21:40 Publié dans Asie du Sud-Est | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chaponniere, asie du sud-est, cambodge, Vietnam, Viet-nam

